Santé des femmes : douleurs chroniques du petit bassin encore trop souvent minimisée
La douleur des femmes demeure aujourd’hui insuffisamment reconnue, évaluée et prise en charge dans les parcours de soins. Cette invisibilisation des douleurs féminines n’est ni marginale ni récente. Elle s’inscrit dans une histoire médicale et sociale qui influence encore fortement les pratiques de santé actuelles.
De nombreuses données montrent que les femmes rapportant des douleurs sont plus fréquemment confrontées à une banalisation des symptômes, à des retards diagnostiques ou à une orientation vers des explications psychologiques, en comparaison avec les hommes présentant des plaintes similaires
https://www.inserm.fr/dossier/sante-des-femmes/
Biais de genre en médecine : une réalité documentée
Pendant des décennies, le corps féminin a été perçu comme instable, dominé par les hormones et l’émotionnel. Ces représentations ont contribué à ancrer des biais de genre en santé, encore observables aujourd’hui dans les consultations médicales et paramédicales.
Des études publiées par la Haute Autorité de Santé et l’Organisation mondiale de la santé soulignent que les femmes ont davantage de risques de voir leurs douleurs qualifiées de fonctionnelles, psychosomatiques ou liées au stress, avec des conséquences directes sur la qualité de la prise en charge
https://www.has-sante.fr
https://www.who.int/health-topics/women-s-health
Douleurs chroniques féminines : des pathologies sous-diagnostiquées
L’invisibilisation des douleurs concerne de nombreuses situations cliniques :
- douleurs pelviennes chroniques
- endométriose
- migraines
- troubles musculo-squelettiques
- douleurs diffuses et fatigue persistante
L’endométriose, par exemple, touche environ une femme sur dix, avec un délai moyen de diagnostic estimé entre 7 et 10 ans
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/endometriose
Ces retards entraînent une chronicisation de la douleur, une sensibilisation centrale, un impact sur la qualité de vie et un sentiment fréquent de non-reconnaissance.
Facteurs sociaux et normalisation de la souffrance
Les déterminants sociaux de santé jouent un rôle majeur. Les femmes continuent d’assumer une charge mentale, familiale et professionnelle importante, souvent au détriment de leur propre santé. La douleur est intégrée comme une contrainte « normale », ce qui renforce sa minimisation, tant par les patientes que par leur entourage.
Cette normalisation participe à l’auto-censure des plaintes et à un recours tardif aux soins, aggravant les tableaux cliniques.
Soins manuels et reconnaissance du vécu corporel
Dans les pratiques d’ostéopathie, la reconnaissance de la douleur est centrale. Le corps est le premier vecteur de la relation thérapeutique. Une douleur non reconnue ou disqualifiée peut constituer une forme de violence symbolique, en particulier chez les femmes ayant vécu des expériences traumatiques.
Une approche respectueuse repose sur :
- l’écoute active de la plainte
- le respect du consentement
- l’explication des gestes
- l’adaptation du soin au vécu corporel
Ces principes sont développés dans ma pratique clinique et décrits plus en détail dans la page dédiée aux soins sur mon site
https://www.melainedemarquet.fr/osteopathie-kinesitherapie
Lien entre violences faites aux femmes et douleurs somatiques
De nombreuses études établissent un lien étroit entre violences conjugales, violences intrafamiliales et douleurs chroniques. Le corps devient alors un espace d’expression privilégié lorsque la parole est entravée
https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/violences
Les professionnels de santé ont un rôle essentiel dans le repérage, l’accueil et l’orientation, sans enquête ni mise en danger. Ces enjeux sont au cœur des formations que je dispense, notamment auprès des étudiants en santé
https://www.melainedemarquet.fr/formations-violences-intrafamiliales
Former pour mieux soigner
La reconnaissance de la douleur des femmes nécessite une évolution des pratiques et de la formation initiale et continue des soignants. Intégrer les notions de traumatisme, de sécurité émotionnelle et de posture professionnelle est aujourd’hui indispensable pour une prise en charge éthique et adaptée.
Reconnaître la douleur des femmes, c’est améliorer la qualité des soins, prévenir les ruptures de parcours et restaurer une relation de confiance entre patientes et professionnels de santé.